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Coach en communication et synergologue (spécialiste du langage corporel), Stephen Bunard, développe avec une équipe de professionnels du coaching le concept de "coaching politique" - marque déposée à l'INPI - depuis 2002.

23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 23:44


La vidéo de Dominique De Villepin fait le buzz sur le web depuis ce lundi. Aussi, je ne me lancerai pas dans des analyses juridico politiques aussi légères qu’approximatives. En revanche, c’est avec un réel plaisir que je me suis amusé à décrypter cette déclaration choc en termes de communication.
- L’image tout d’abord, sans même le son que j’ai d’ailleurs coupé pour l’exercice. 
Créant l’événement par cette prise de parole pour le moins inattendue, Dominique De Villepin apparaît devant les caméras l’air grave mais déterminé, prêt à imposer « sa » vérité et le tempo du procès. Dès lors, sur la forme, tout semble avoir été calculé. La scène est impeccable. L’endroit choisi (la salle du Palais de Justice) est naturellement fort en images et symboles républicains. La posture de l’acteur, illustrée par sa tenue résolument verticale, est sereine : la tête haute et l’allure fière. Le costume donc le stylisme impeccable. Par le teint hâlé de l’ex Premier ministre, le maquillage l’est tout autant. En arrière plan, les figurants (incarnés par la femme et les enfants réunis) viennent avec maestria suggérer le soutien familial indéfectible mais aussi amplifier, par la même, l’aspect émotionnel et solennel de l’instant. 
- Le texte *, dont vous trouverez l’intégralité ci-dessous, s’avère tout aussi passionnant à décrypter tant le sens, la sémantique et la force d’évocations des mots ont été soigneusement travaillé par l’auteur, jusqu’à la dernière minute paraît-il même. On connaissait Dominique De Villepin poète écrivain à la prose libre et légère, le (re) voilà donc dans son habit le plus connu, celui d’homme politique à la plume aussi stratège que justicière. En analysant le texte dans une seconde lecture plus minutieuse, 3 points me semblent important à souligner :
1/ Par cette déclaration solennelle, l’ancien Premier ministre rend tout d’abord le procès donc la dite prise de parole simplement historiques dans l’histoire de la Ve République. « Nous sommes ici en 2009 », « …en France », « …le 21 septembre », « …jour anniversaire de la République française », soit des « expressions » temporelles qui renforcent l’aspect extra ordinaire de Clearstream et inscrivent (quelques années après son principal fait d’arme à l’ONU contre la guerre en Irak) De Villepin à nouveau dans l’histoire, attirant de fait l’attention du « peuple français » sur sa personne. 
2/ Utilisant massivement la première personne (8 fois « je »), Dominique De Villepin se pose alors, devant l’opinion, en victime d’un système clairement personnalisé (« par la volonté d’un homme […] Nicolas Sarkozy », « par l’acharnement d’un homme […] Président de la République ») faisant ainsi de l’actuel président de la République et potentiel rival en vue de 2012 le symbole personnifié de l’« injustice » et de l’« abus » de pouvoir. 
3/ Aussi, en prenant à parti l’opinion de cette manière (c’est-à-dire en orchestrant finalement une vraie conférence de presse avant même le début du procès), l’ancien Premier ministre fait de son combat non pas une « croisade » personnelle mais « le combat de toutes celles et tous ceux qui se battent contre l’injustice […], le combat de toutes celles et tous ceux qui sont victimes de l’abus de pouvoir ». Soit une posture généralisée qui place l’un des accusés les plus médiatiques du procès dans une fonction d’homme d’Etat, investi une nouvelle fois d’une mission empreinte d’égalité, de liberté et de justice. En somme, un discours (aux faux airs de l’historique « J’accuse ») qui permet à De Villepin de dénoncer, de se différencier de son principal concurrent et d’incarner à la fois une alternative, une vision, un sens et une éthique politiques : un axe finalement logique d’un point stratégique tant celui-ci s’inscrit inévitablement dans la dynamique de son retour orchestré (sur le web notamment) depuis déjà quelques mois. Je vous invite donc à (re) visionner la vidéo (avec et sans le son) et à relire le texte pour bénéficier de cette nouvelle grille de lecture. J’attends vos commentaires.

François B. 

http://www.youtube.com/watch?v=ZWrNBWxshro
* Déclaration de Dominique de Villepin. 
« Nous sommes aujourd’hui le 21 septembre. C’est le jour anniversaire de la République française. C’est aussi le jour dédié par les Nations unies pour la paix dans le monde. J’espère que l’exigence de justice sera au rendez-vous. Je suis ici par la volonté d’un homme, je suis ici par l’acharnement d’un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J’en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français. Certains voudraient croire qu’il n’y a pas dans notre pays de procès politique, je veux le croire aussi et pourtant nous sommes ici en 2009 et nous sommes en France. Je veux redire que mon combat n’est pas un combat personnel, c’est le combat de toutes celles et tous ceux qui se battent contre l’injustice, c’est le combat de toutes celles et tous ceux qui sont victimes de l’abus de pouvoir. La justice est un bien précieux mais c’est aussi un bien fragile qui demande l’engagement de tous. Je sais que la vérité triomphera. Je vous remercie ».

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Published by François BELLEY - dans Portraits croisés
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