La comparaison des 462 649 mots des 67 discours prononcés durant leurs
campagnes électorales par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal (de décembre 2006 à mai 2007) confirme l’impression première : ils ne maniaient pas la même langue.Par ailleurs, son éloquence est marquée par plusieurs autres traits :
1) la répétition de formules et la reprise de mots identiques. Son vocabulaire était de ce fait plus restreint que celui de sa rivale ;
2) la fréquence élevée de certains mots : « ne », « pas », « morale », « autorité », « mérite », « effort », « travail »… Cette présence des négations, c’est le droit d’interdire, que revendique le candidat, de même que ses mots favoris sont typiques d’une certaine droite légitimiste d’avant la Seconde Guerre mondiale.
Le candidat prit aussi la peine de dénigrer mai 68 plus d’une fois.
Ce style à la fois simple et moraliste, apparemment, ne déplut pas aux Français, même si l’auteur de l’étude y voit le retour programmé à un populisme.
Damon Mayaffre, « Vocabulaire et discours électoral de Sarkozy », La Pensée, n° 352, 2008.
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