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Revue de presse

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Une petite révolution dans l'approche de la communication "non verbale",
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Coach en communication et synergologue (spécialiste du langage corporel), Stephen Bunard, développe avec une équipe de professionnels du coaching le concept de "coaching politique" - marque déposée à l'INPI - depuis 2002.

11 mars 2006 6 11 /03 /mars /2006 13:11
J'ai lu récemment deux articles dans deux revues différentes, dont l'Express, qui traitaient d'une tendance bien contemporaine, celle de créer des expressions toutes faites. Rien à voir avec les mots ou aphorismes piqués aux Bronzés, rien à voir non plus avec l'affligeant "bien évidemment" popularisé par Dechavanne - le mauvais goût sémantique sachant toujours dégoter des ambassadeurs hors pair -, non, il s'agit de cette pathologie linguistique qui consiste à créer des intensificateurs dans un monde où dire d'un paysage qu'il est beau, d'une femme ou d'un homme qu'elle ou il est gentil(le) et d'un vin qu'il est bon, ne suffisent plus.
Ce sont donc les parfaits "vrai" et "très très" qui ont fait leur apparition. Ainsi, tel job est-il une vraie opportunité pour se créer de vrais challenges (tiens, on en avait oublié les faux anglicismes des années 80), le patron, par ailleurs, pourrait vous en parler, mais il est très très occupé, mais cela dit, ne l'écoutez pas trop, c'est un vrai con, mon pote du syndicat me l'a dit, donc c'est très très... vrai... Où est l'heureux temps des superlatifs, des hyper, des extra et des super ?

Pourquoi faut-il en faire toujours plus et souvent trop ? Parfois les mots perdent de leur force par l'appropriation frauduleuse qu'en font certains. Ainsi, les intermittents du spectacle sont-ils souvent conduits à réclamer plus d'attention sur leur statut de comédien professionnel. De la même façon que les vrais journalistes en ligne doivent-ils souvent s'annoncer comme journalistes... professionnels, tant sont de plus en plus nombreux les "nouveaux barbares du journalisme numérique" comme les appelait déjà en 2000 le journaliste Marc Laimé dans les Cahiers du journalisme de l'ESJ Lille ; les blogs conduisent à une résurgence de l'Internet, salutaire, pour ne pas dire une résurrection, disons donc une deuxième vie, mais elle a des conséquences.
Certes, et l'on doit s'en réjouir, en partie, apparaissent des médias citoyens et participatifs (médias et presse, rien à voir), comme l'explique très très bien dans son excellent ouvrage Joël de Rosnay : "La Révolte du Pronétariat". Mais aussi pointent aussi leurs museaux ces fameux "barbares" que j'aurais tendance à requalifier "barbares de l'information numérique". Car "journaliste numérique" peut exprimer un métier, qui nécessite une qualification, une déontologie et une façon de travailler, qui vont bien au-delà de la simple possession de la carte de presse, qui en soi, ouvre plus à des devoirs qu'à des (passe-)droits. Entrer dans le débat d'un "autre journalisme", c'est crédibiliser les "barbares", les admettre à discuter le mot et ses séculaires évocations et mérites. Tout le monde pourrait prétendre être journaliste en écrivant juste trois phrases, en donnant son avis sur tout, ou en allant interviewer par un hasard fomenté une personnalité de premier plan ? L'amour du pain ne rend pas boulanger. Voila pourquoi, il est parfois nécessaire d'accoler des superlatifs ou des exhausteurs de sens, mais si l'on retrouvait hic et nunc le sens du vrai et de la mesure, on pourrait éviter de se retrouver un jour avec de vrais
journalistes très très professionnels.

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commentaires

Eric 02/07/2006 18:28

Article intéressant.
Personnellement, j'ai cette manie, surtout à l'oral, d'employer "vrai" souvent mal à propos. Grâce à vous, j'essaierai de me corriger!

Philippe Gras 04/04/2006 22:39

Moi, j'aime bien "quotidiennement", à la place de "tous les jours"... C'est mieux, évidemment, paske tous les jours, ça veut plus rein dire, hein ?
Découvrez l'actualité en vers et contre tout sur http://poactu.canalblog.com/

phil 24/03/2006 09:55

J'hésite un peu lorsque je te lis, surtout à propos des "barbares" : il y a toujours eu cette tentation des journalistes (dont je suis) de fermer la barrière pour bien délimiter les territoires, entre ceux qui le sont et ceux qui ne le sont pas.
Un réflexe corporatiste en somme, qui me dérange bien souvent mais que je comprend bien entendu. Or, depuis toujours, des gens très bien sont "devenus" journalistes sans passer par la case "école".
Je ne peux pas nier, pour ma part, que je trouve sur certains blogs, des analyses pertinentes, des recherches très complètes (dignes de journalistes) réalisées par des non-journalistes.
Certes, il faudra toujours des journalistes (rémunérés donc) pour vérifier, recouper, prendre le temps d'enquêter (c'est de moins en moins possible tu le sais bien, avec l'immédiateté de l'info, les effectifs restreints, etc).
Mais être journaliste, c'est s'indigner, enquêter, exercer un contre-pouvoir. Jusqu'à présent, seuls les journalistes avaient les moyens de diffuser à grande échelle, or ce n'est plus le cas aujourd'hui. L'une des vertus des blogs, sans doute, c'est de nous remettre en question dans nos pratiques. Et c'est une bonne chose à mon sens.
Tout cela écrit en vrac...

Seb 20/03/2006 22:43

Article très intéressant, l'analyse est vraiment très très bien pertinente ! :o)